Santé

24/06/2009

Carte CPS à l'hôpital

Un déploiement volontariste à partir de 2009
La Carte de professionnel de santé (CPS) doit être l’une des pièces maîtresses des systèmes d’information de santé français. La généralisation de son déploiement dans les hôpitaux à partir de 2009 doit accompagner la politique de relance des TIC santé.

Si la diffusion de la carte CPS est bien avancée auprès des libéraux, elle en est aux balbutiements pour les établissements de santé. Sur un potentiel théorique de près d'un million de cartes, seules 78 000 ont été aujourd'hui distribuées dans les hôpitaux et cliniques. La situation devrait évoluer profondément dans les prochaines années. "Nous avons prévu deux phases de déploiement, précise Marthe Wehrung, le directeur du GIP-CPS*. La première est menée actuellement jusqu'à fin 2009, mi-2010 auprès de vingt-quatre établissements expérimentateurs. La seconde, celle de la généralisation, se déroulera entre la fin de cette année et 2013. Dans les cinq prochaines années, le nombre de cartes CPS diffusées devrait ainsi  doubler."
Un projet à part entière
Le but n'est pas de diffuser la carte pour la diffuser, mais bien de la faire entrer dans les usages quotidiens. Pour cela, deux conditions : premièrement, que l'établissement possède un système d'information clinique performant. C'est tout l'objet du plan de relance des TIC santé présenté au printemps. Et, deuxièmement, que ce système d'information ait prévu l'identification des professionnels de santé par carte CPS. Actuellement, d'autres systèmes par mot de passe sont en usage. Mais ils offrent un niveau de sécurité moindre que celui de la carte. "L'utilisation de la carte CPS en établissement demande des adaptations logicielles et matérielles du système d'information, constate Marthe Wehrung. Mais la plus grande difficulté vient du fait que l'implantation de la carte CPS doit être abordée comme un projet à part entière dans l'établissement et nécessite une coopération étroite entre les informaticiens, le service des ressources humaines et les équipes médicales. Il faut en effet mettre en place les processus d'organisation et de paramétrage permettant de gérer les identités et les droits d'accès de la première heure de présence du professionnel de santé dans l'établissement à sa dernière."
Complexité opérationnelle
C'est en raison de la complexité opérationnelle de cette implantation des cartes CPS que le GIP-CPS a prévu une phase d'expérimentation dans vingt-quatre établissements qui seront autant de cas particuliers de déploiement. "Cela nous fournira des retours d'expériences qui nous permettront d'ajuster un certain nombre de points, et de modéliser des processus de conduite de projet selon la typologie des établissements", explique la directrice du GIP-CPS. Un travail qui se fait en collaboration avec le Groupement pour la modernisation du système d'information (GMSIH). Le "Kit d'information et d'aide au déploiement des cartes de la famille CPS dans les établissements de santé", disponible ligne sur le site du GIP-CPS, sera ainsi enrichi. Une vidéo pédagogique à destination des chefs de projet est d'ores et déjà mise en ligne.
Des évolutions dès 2010
Parallèlement, la carte CPS va continuer à évoluer pour être de mieux en mieux adaptée aux besoins. Une version sans contact est en cours de mise au point et les premiers tests du prototype devraient se dérouler en octobre-novembre 2009 pour un début de généralisation au premier trimestre 2010. Cette carte évoluée prendra simplement la suite de la précédente en y ajoutant une fonction supplémentaire. En plus d'être lisible dans les lecteurs actuels, elle permettra aux professionnels de santé travaillant dans des établissements équipés de s'identifier grâce à un lecteur sans contact. À la façon d'un pass Navigo à Paris ou bientôt de la carte Rythmo à Lille, le simple fait d'approcher la carte du lecteur (10 cm) permettra d'identifier le professionnel de santé et provoquera l'ouverture automatique de sa session de travail. Une facilité particulièrement intéressante lorsqu'un ordinateur est partagé dans un service.
D'autre part, le GIP-CPS travaille sur la convergence entre la carte CPS et la carte ordinale. Une convergence qui devrait également intégrer, à terme, la carte européenne de professionnel de santé (programme HPRO Card).
"Les futures évolutions ne doivent pas bloquer les projets actuels, prévient Marthe Wehrung. Il faudra simplement que les établissements prévoient d'intégrer ces nouvelles possibilités, s'ils en ont l'usage. L'objectif est de généraliser le plus rapidement possible l'usage de la carte. Elle apporte en effet une authentification forte, sécurisée et unique sur le plan national, du professionnel. La carte permet donc une interopérabilité entre établissements, ce qui est important dans un contexte de décloisonnement des structures."
Renaud Degas


* Le Groupement d'intérêt public Carte professionnelle de santé (GIP-CPS) fait partie des entités qui vont constituer, autour du GIP-DMP, l'agence des systèmes d'information de santé partagés (ASIP) qui est évoquée par la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST).